• En regardant la cérémonie du 11 nov  j'ai pensé  à écrire   une lettre

     qu'un Poilu aurait pu envoyer   un jour

     

     Sur un sol nauséabond

    Je t’écris ces quelques mots
    Je vais bien, ne t’en fais pas
    Il me tarde, le repos.
    Le soleil toujours se lève
    Mais jamais je ne le vois
    Le noir habite mes rêves
    Mais je vais bien, ne t’en fais pas…

     

    Les étoiles ne brillent plus
    Elles ont filé au coin d’une rue,
    Le vent qui était mon ami
    Aujourd’hui, je le maudis.

     

    Mais je vais bien, ne t’en fais pas…

     

    Le sang coule sur ma joue
    Une larme de nous
    Il fait si froid sur ce sol
    Je suis seul, je décolle.

     

    Mais je vais bien, ne t’en fais pas…

     

    Mes paupières se font lourdes
    Le marchand de sable va passer
    Et mes oreilles sont sourdes
    Je tire un trait sur le passé.

     

    Mais je vais bien, ne t’en fais pas…

     

    Sur un sol nauséabond
    J’ai écrit ces quelques mots
    Je sais qu’ils te parviendront
    Pour t’annoncer mon repos.

     

    Je suis bien, ne t’en fais pas …                      

                                                      

     

     

     


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  • A toute allure,
    les nuages filent en biais vers l’horizon
    ils entraînent avec eux une partie du ciel
    libérant un tourbillon de pluie noire
    c’est déjà la nuit avant le soir
    les nuages obliquent droit vers le sol
    noient les maisons et la peste industrielle
    dans les vagues d’une tempête humide
    les rideaux de pluie étouffent tous les autres bruits
    silence liquide martelé de gouttes
    tout devient gris
    l’eau transparente enveloppe tout
    des langues de brume descendent sur nous
    en furie
    la pluie fouette les visages qui courent
    détourne les voitures qui s’enfuient
    les creux d’asphalte sont inondés
    seule l’eau peut encore circuler
    les pare-brise sont aveugles
    et les parapluies envolés
    impossible de savoir où nous sommes
    L’eau en torrents emporte tout
    elle liquéfie la terre
    elle gicle dans le moindre trou
    ruisselle sur les têtes
    et emporte les déchets de pensées
    loin des trous de mémoire
    La masse liquide déborde de toutes parts
    elle submerge ponts et barrières déchaussés
    les tours cimetières disparaissent en fumée
    la pluie nettoie le ciel
    arrache d’innommables impuretés
    les constructions sont inondées
    le béton suinte des murs
    les maisons se fissurent
    les rues sont gorgées d’eau
    le haut débit est à saturation
    inondation au-delà de l’ivresse
    la ville en détresse se vomit dessus
    les égouts évacuent le trop-plein
    les rivières charrient les débris au loin
    la terre a bu jusqu’à plus soif
    la tête lui tourne
    elle ne sait plus où sont le haut et le bas

     

    L’averse dense se déplace au loin
    les flaques retrouvent leur calme
    et les fleuves leurs lits
    La pluie devient bruine
    les nuages se disloquent au creux des vallées
    le ciel se rétablit en l’air
    entre les méandres de brumes
    Des squelettes d’arbres luisent au bord de la route
    les branches coupées et pleines de cicatrices
    Les toits s’égouttent dans les caniveaux
    les essuie-glaces continuent d’osciller
    les hommes sortent de leur trou et se remettent en marche
    toujours le cœur lourd dans leurs imperméables
    les voitures pressées font gicler l’eau sur les bords
    sur les passants qui sont stigmatisés 
    et clignotent pour tourner on ne sait où
    Le béton fume et les tours repoussent
    L’inondation n’était que temporaire
    la vie reprend son cours détourné
    nettoyées, les fissures apparaissent immenses
    lavées, les plaies se font plus intenses
    La terre à nouveau brûlée par le soleil
    se craquelle en d’innombrables crevasses
    et tout reprend sa place.


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  • Il me faut du savoir -faire 

    La langue Française étant tentaculaire 

    Je ne suis que la simple locataire 

    Celui qui sait s'en servir devient millionnaire 

    Mais faut- il encore ne pas déplaire 

    Ne pas avoir la mine patibulaire 

    Ne pas avoir de douleurs articulaires,

    Surtout dans les doigts ,l'annulaire 

    Et même le petit auriculaire 

    Sinon tenir un crayon devient un calvaire 

    Et la tout se passe de commentaire 

    Un mot ,puis un autre  pas d'intermédiaire 

    Mais non je n'ai pas besoin de secrétaire 

    Il me faut juste trouver du vocabulaire 

    Sans jamais mettre de termes  vulgaires 

    Il faut que tout reste exemplaire 

    Comme le bon chien avoir du flair 

    Devenir d'une rime un vrai mousquetaire 

    Mais pour ce jour je cale, j'ai une douleur musculaire 

    Hihihi ,trop longtemps assise j'ai dépassé l'horaire 

    Je laisse ma plume pour ce jardin imaginaire 

    Je crois que je vais réviser mon dictionnaire 

    Jusqu'à en avoir de l'urticaire 

    A moins que je ne confesse au vicaire 

    Mon Français rudimentaire 

     

     


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  •  

    Tapisserie 

     

    Qu’est donc pour nous la vie le jour où nous naissons ?

    La chaîne d’un tapis sur lequel nous devons

    Passer et repasser une simple navette

    Pour en tisser la trame: très modeste carpette,

    Ouvrage d’un grand prix ? En tout cas bien souvent

    Ce que nous en faisons : parfois en en bavant,

    Parfois facilement. Nous poussons la bobine,

    Entrelaçant les fils afin que se combinent

    Pour le mieux le hasard et les événements,

    Essayant d’agencer ennuis et bons moments

    Comme nous le pouvons. Mais dès que le fil casse,

    Nous pourrions maintes fois, pour qu’au mieux tout se passe, 

    Essayer de recoudre avec art le tissu,

    Même s’il est parfois tout sens dessous dessus.

    Notre vie est souvent une tapisserie

    Où peuvent alterner accrocs et broderies !

    Alors que nous avons tout un choix de motifs,

    Nous sommes fréquemment les uniques fautifs

    De ces éraillements qui abîment la trame ;

    Il nous serait aisé d’éviter bien des drames

    Si nous nous souvenions de sa fragilité.

    Notre vie est à nous, avec sa liberté.

    Sa chaîne est bien tendue, mais son plus beau tissage

    Dépend souvent de nous, qu’on soit fol ou très sage !


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  • Les cloches de Pâques

     

    Les jolies cloches sont parties ce vendredi par un jour si parfumé

    Elles avaient attaché à leurs ailes des rubans de soie très colorés

    Le ciel avait mis son habit bleu pour célébrer ce moment attendu

    Les nuages blancs s’écartaient à leur passage et semblaient émus.

    La route se dessinait devant eux comme pour tendrement les guider

    Les ailes déployées, elles avançaient tout droit vers ce lieu sacré.

    Sur leur chemin, les villages s’étaient ornés de belles couleurs de fête

    Attendant leur passage comme une délivrance au dessus de leur tête.

    Les oiseaux suivaient leur trajectoire comme pour garantir leur arrivée

    Les empêcher de s’égarer, leur montrant le chemin sans rien précipiter.

    Les cloches enfin arrivaient en ce lieu bénit rempli de foi et d’amour

    Elles avaient réussi leur pari revenir chaque année sans aucun détour.

     

     


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